Les fruits charnus des micocouliers
S'éparpillent dans les escaliers
Qui mènent à la plage.
Leur tronc cannelé et large
Laisse présumer de leur grand âge.
Le mistral a chassé l'orage
Et la mer folle de rage, verte
Vient jeter des algues luisantes
Sur le rivage de la plage déserte,
Dans un va-et-vient de dentelles froufroutantes.
Sur le sable jonché de pommes de pin
Dédaignant les pignons englués de résine,
Les mouettes lissent leur plumage;
Tandis que Monsieur Bernard l' hermite
Se terre au fond d'un coquillage.
Dépitées d'avoir raté le mets dont elles raffolent,
Les rieuses tournoient comme des chasseurs d'élite,
Afin de repérer un quelconque rongeur
Dans un envol de cris sonores.
Bredouilles, elles s'en vont picorer à contre coeur,
Non résignées à jeûner jusqu'à l'aurore,
Les petites baies bleutées de la myrte
Le goéland juché sur le rebord de la falaise,
Où pousse la carline et le chardon
Immobile, comme une gargouille sur une cimaise
Scrute la mer d'un bleu-gris « céladon »
Hélas pas le moindre poisson!
Par un cri strident, il donne alors l'alarme
Et voilà que trois autres laridés arrivent en renfort.
Dans une ahurissante cacophonie, ce téméraire quatuor,
Bravant les embruns, surfe sur les lames
En direction du port.
Sans doute vont-ils chiner parmi les détritus
Répandus sur les quais par la tempête,
Décidés mordicus
A trouver quelques aligochètes.
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