Lundi 3 août 2009 1 03 /08 /Août /2009 21:27

 

 

Tous les volets sont ouverts

Et dans le quartier résonne

Le tintement des couverts,

Issu d'un dîner tardif

Et la sonnerie du téléphone.

 

 

De la lumière turquoise presque martienne,

Opaque, comme du brouillard en suspension,

Stagne par-delà les fenêtres et les persiennes

Provenant des écrans de télévision;

Tranchant sur l'ocre criard ou le carmillion

Des façades méditerranéennes.

 

 

Juste avant que le jour ne referme ses paupières,

Et que la nuit découpe les silhouettes;

Faisant naître un paysage au fusain;

Nous guettons le cri de la chouette

Et les papillons aux ailes d' organsin,

Voletant sur les haies de roses trémières

 

 

Voilà qu' en lambeaux le ciel se déchire.

Tandis que le jour commence à s'étioler,

Comme si de l'horizon jaillissait du porphyre,

Ephémère, une sanguine est née,

Et la lune déjà pointe son nez,

Le rouge et le bleu tournent au violet

 

La voûte céleste devient noire.

Dans l'encre de chine de ce lavis,

Dérive une barque ivoire,

Oscillant à travers les feuillages.

La nuit décalque le paysage,

L' estampe s'imprime, comme par magie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par LilasMartin - Publié dans : Ecriture, poésie
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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 23:07

 

 

Trop téméraires nous nous sommes embarqués

Sur un galion sans gouvernail,

Qui, en quittant le quai

Est devenu notre bercail.

 

Ballottés tant et plus dans les eaux agitées,

Peuplées de requins narquois.

Nous avons essuyé des tempêtes pécuniaires

Arrimés à notre amour, complices et solidaires

Nous les avons semé, combatifs et entêtés,

Laissant ces hostiles mammifères

Dépités et pantois.

 

Comme des galériens, nous avons ramé

Sous le joug d'un pirate,

Ecumant nos deniers,

Avant de nous livrer

A Ponce-Pilate

 

Après un plongeon la tête la première,

Entraînés dans l' infernal tourbillon

D'un labeur nous mettant des oeillères,

Incitant notre esprit à la rébellion.

 

Nous avons coulé à pic

Sans bouée de sauvetage,

Emportant dans la panique

Tout l'argent de l'héritage.

 

Aspirés par le fond

D'une poigne de fer,

Tu as fait sauter le siphon

Pour nous sortir de cet enfer.

 

Nous nous sommes ébroués

Et, reprenant notre souffle, chancelants,

Nous avons dérivés au gré du flux , éprouvés,

Attendant qu'une lame nous serve de tremplin

Pour regagner la berge d'une contrée nouvelle;

Epuisés, sans élan.

Cet écueil a fait de nous des rebelles

A plein.temps


Au milieu de l'arène,

Evitant les picadors,

Nous, les enfants de bohème,

Avons tiré sur la ficelle,

Redoublant d'efforts.

Ils ont vidé même notre escarcelle

Nous condamnant au carême,

 

Nous sommes devenus célèbres

Entrant dans le livre des records

Des coups de Trafalgar

A nous la médaille d'or

Des avatars!

 

Ô combien d' infidèles

A leur promesse d'amitié éternelle

Croyant l'échec contagieux,

Beaucoup ont fui notre appel

Comme la crécelle

d'un lépreux.

 

On s'épanchait sur notre sort,

Chantant notre oraison funèbre.

Comme si nous étions morts!

 

Cette expérience a été salutaire
Sans être nomades ni sédentaires,

Sans devenir oisifs,
Nous vivons,décalés, hors des rangs,
Nageant à contre courant,
Loin d'une vie sectaire.

Nous avons franchi les récifs
D'une routine sournoise et habile,
Qui a tenté en vain de nous faire échouer
Sur la grève peuplée de naufragés taciturnes.
Jusqu'à notre radeau de fortune.
Leurs conversations stériles
Font ricochet jusqu'à la lune.

 

 

 

Par LilasMartin - Publié dans : Ecriture, poésie
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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 17:21

 

Sous les feux du soleil couchant,

 

Le squelette du château

Jette son ombre évanescente

Sur les flancs des coteaux

Aux couleurs incandescentes,

Qui s'étirent jusqu'aux champs.


On le croirait dévoré par les flammes

Tant les broussailles ont roussi dans les poivrières,

Dans les douves asséchées, entre les archères,

A la place des poternes, dans la muraille trouée,

Poussent la luzerne et le genévrier.

La nature fardée aux couleurs de l'automne

A repris le dessus et partout foisonne;

Des cascades d'orties, tombent des meurtrières.


Dans ce crépuscule flamboyant,

Les frênes centenaires

Tels des mercenaires guerroyant;

Tendent leurs branches tentaculaires

Pointues comme des épées.


Bravant au fil du temps les hordes pillardes,

Les marronniers ont courbé l'échine,

Brandissant au cours des épopées,

Leurs coques hérissées d'épines,

Piquantes comme des hallebardes


Jadis il fût imposant et faste

Et les victorieux jamais n'étaient chastes.

Dans cette enceinte imprenable,

Tous trouvaient après la bataille

Bonne compagnie et bonne table

Ignorant le cri des agonisants;

Et des jours durant faisaient ripaille,

Tandis qu'au dehors des murailles

S'amoncelaient les gisants.


Le donjon étêté que les siècles fragilisent

Menace de s'effondrer au milieu des courtines.

Les remparts sont défoncés là où étaient les latrines,

Le vieux pigeonnier se prend pour la tour de Pise


Une statue s'effrite rongée par les âges,

Grêlé de tâches noirâtres

Qu'a laissé la mousse en séchant,

Le corps tronqué d'un bellâtre

Lève un bras triomphant;

Et par-terre gît son beau visage.


Cambré sur son cheval

Comme le soldat d'une fresque,

Il semble livrer un combat dantesque!


Pour célébrer la gloire posthume

Des chevaliers livrés à un déclin fatal,

Quelques mots sur une stèle résument

Leur bravoure et leur investiture.

Et, seul ce macabre piédestal,

Leur sert de sépulture.


Des vieux murs de la chapelle, en sourdine

S'évapore la plainte lascive

Des âmes perdues qui s'éternisent;

Luttant dans une ultime offensive

Pour leur salut.

Au lever du jour elles chantent les mâtines,

Mais le vieux clocher ne sonne plus!


Je sens en ces lieux une force éternelle

Qui depuis des siècles règne à sa guise,

Abjurant la vertu;

Célébrant la mémoire de victoires cruelles,

Etouffant le sanglot éperdu

Des paillards anéantis.

O Seigneur entend-tu?

Le chant des repentis?


Il annonce l'hiver et sème la bruine

Sur la grandeur d'un passé révolu,

Où le temps grignotant ces ruines,

Sur elles, a jeté son dévolu.


Que revienne l'esprit musard du troubadour

Hanter gaiement les passerelles,

Qu'il chante ses douces ritournelles

Quand le vent siffle dans les tours!



 

Par LilasMartin - Publié dans : Ecriture, poésie
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